Herboriculteur ou Paysan-Herboriste
Culture et transformations de plantes aromatiques et médicinales

L'Herborigenèse
Petit (quand je n'étais pas grand) j'ai eu la chance de vivre dans un lieu assez grand, une ancienne ferme que mes parents avait acheté (au cas où tu penserai qu'ils l'avaient squattée) nommée Ferme du Château car elle se trouvait juste derrière le Château. Un peu plus haut se trouvait la Ferme du Colombier car elle avait… un colombier. L'adresse de l'époque était "Ferme du Château, chemin du Moulin". Bah oui parce que tout au bout du chemin il y avait un moulin (enfin ce qu'il en restait) qui appartenait du coup à la troisième ferme, la Ferme du… Moulin ! Original non ? Un peu plus tard le chemin du moulin fut rebaptisé en chemin du catelier, logique aussi puisqu'il s'agissait de la vallée du catelier.
Bref, j'y ai côtoyé des fantômes, escaladé des arbres et parcouru des kilomètres.
L'une des parcelles (mon endroit préféré) y était laissée à l'état naturel.
C'est dans cette savane d'herbes hautes et folles que ce sont imprégnées en moi les odeurs de cette végétation sauvage tels que les ronciers et leurs mûres, la berce, les lamiers blancs et pourpres ou encore le lierre terrestre et l'origan. Un monde qui fleurait bon les lamiacées jusqu'au jour où mes parents furent expropriés d'une grande partie du terrain, dont ma parcelle préférée... un lien avait commencé à se briser.
Au pied des arbres le nez dans les herbes
Ado il m'arrivait encore, assisté du livre de ma grand-mère: Le Médecin des Pauvres, de cueillir des plantes que j'allais chercher dans la forêt toute proche pour les faire sécher en les suspendant.
Des études en université sans réel succès, de l'intérim, un boulot alimentaire, un licenciement puis une installation comme graphiste indépendant, on fait que les plantes et la forêt ce sont quelque peu éloignés mais sans vraiment me quitter. Aussi loin que je me souvienne je me suis toujours promené en regardant les plantes, comme si je cherchais quelque chose.
Regarder les plantes à la recherche d'une réponse
Les années ont passé, je suis revenu à la campagne, chatouiller le potager, humer l'herbe mouillée et une évidence est peu à peu revenue. Je me suis rappelé ma mère, le panais sauvage, les pissenlits et le plantain. Je me suis souvenu de ce gamin qui passait son temps dehors à faire des tambouilles avec les fleurs et les plantes du jardin. Je me suis remémoré cet ado qui prenait son vélo et partait en forêt s'enivrer d'une énergie sauvage et immémorielle. J'ai cherché ma place pendant des années alors qu'elle était là...
J'ai cherché aussi la voie qui pourrait rendre le monde meilleur, elle était sous mes yeux, sous mon nez. Et si j'ai compris que ma place était au milieu de cette énergie végétale, j'ai aussi saisie que je devais la partager. La route des plantes pour moi c'est un travail sur soi-même, l'ouverture au monde et à sa diversité, l'humilité, la prise de conscience sur notre place dans l'univers, un moyen d'aider son prochain et son environnement.
Mais cette route sur la connaissance des plantes, je n'envisageais pas de la commencer seul dans mon coin comme je l'ai fait pour le graphisme en tant qu'autodidacte. J'ai donc rejoins "les bancs de l'école" auprès de l'Ecole Bretonne d'Herboristerie au coeur des Monts d'Arrée pour 2 ans afin de bénéficier d'une formation alliant savoir traditionnel et modernité, avec au programme: botanique, biochimie, anatomie, pharmacognosie et compagnie. Obtenant ainsi un certificat que l'Etat français ne reconnaît pas, mais j'm'en bat les akènes !
Trouver sa place dans l'Univers
Et s'il m'est trop tard aujourd'hui pour remercier ma mère de m'avoir infusé un lien particulier avec le monde végétal, il ne l'est pas pour remercier ma compagne de son énorme soutien dans cette démarche. Mais aussi mes enfants qui ont souvent dû supporter un papa qui pendant les balades multipliait les arrêts intempestifs et avait la tête dans les plantes.
L'Herborigène est un nouveau cycle, un sentier pour me retrouver, une renaissance, tout en continuant mon voyage et en apprenant chaque jour que L'Univers m'accorde.
Ton dévoué serviteur,
L'Herborigène




